C’est par où l’air pur ?
Écrit par Julie   
Jeudi, 16 Décembre 2010 03:32

En choisissant cet itinéraire long de 300km entre Panzihua et Lijiang, nous nous attendions à de la petite route de montagne sans trop de circulation.

 

Panzihua fut certainement la ville la plus polluée dans laquelle nous avons évoluée depuis que nous sommes en Chine malgré sa faible taille. Prise dans un fond de vallée pas très enclavé, elle possède une centrale à charbon qui noircit tout. Et pour cause, des camions bennes par centaines vont chercher le précieux charbon tout le long de la route que nous empruntons dans les centaines de mines environnantes. Le trafic  est intense pendant 70km après Panzihua, il n’y a pas un moment de répis. De plus il y a un col à passer et du fait du poids des camions qui redescendent, la voie de descente est complètement défoncée obligeant les camionneurs à rouler sur la voie de montée où nous nous trouvons. Si je résume, nous montons un col, des camions nous doublent sans arrêt soufflant dans nos narines leurs gaz d’échappement (pas de pot catalytique ici, juste une épaisse fumée noire) et nous klaxonnant plus que de raison (c’est une maladie chinoise) pendant que en face d’autres camions chargées descendent droit sur nous (faut pas compter sur eux pour avoir une distance de freinage courte). Pour couronner le tout la route est détrempée et boueuse. Pourtant il ne pleut pas, mais le système de refroidissement des freins des camions marchent à l’eau… A la fin de la journée, nous étions noirs des pieds à la tête et seul du savon ET de l’eau chaude ont pu faire quelque chose pour nous.  Du coup on n’a pas trop profité du paysage pendant ce premier jour. Mais nous avons tout de même trouvé un coin pour bivouaquer dans un verger fort sympathique en étant tranquilles. Par la suite, la circulation devient moins dense, même si il ya toujours trop de camions qui puent à notre gout. Le deuxième problème, et c’est valable pour tous les véhicules c’est le klaxon. Les chinois en abusent. Toutes les situations sont bonnes pour klaxonner. Et plus le véhicule est gros, plus le son est fort (voir assourdissant pour les camions et les bus). C’est juste insupportable, surtout lorsqu’ils insistent.

Sinon la Chine rurale que nous venons de voir est comme on l’imagine : des cultures en terrasse, parfois dans des endroits improbables, sur des pans de montagnes bien raides. Des paysans et paysannes dans les champs, les vergers, les maraichers avec leur chapeau de paille et leur paniers en osier, battant leur âne croulant sous la charge et ramenant leur buffle à la maison. Ces mêmes paysans sont beaucoup moins chaleureux que dans les régions tibétaines que nous avons traversées. Ici ils se contentent de nous dévisager. Si on dit bonjour, la plupart ne répondent pas mais ne détournent pas pour autant leur regard. Alors personnellement sur la fin je m’étais mis des œillères et ne disais plus rien, ni ne souriais. Je passais mon chemin comme on dit, seb gardant espoir. Pourtant lorsqu’on les approche, dans les restaurants par exemple, les gens sont aimables et souriants. On a de franches rigolades lorsqu’on va dans leur cuisine et que l’on fouille à la recherche d’un légume qui trainerait et qu’on aimerait manger. Côté vélo, c’est probablement les 300km les plus vallonnés que nous ayons pédalé depuis le départ. 1000 m de dénivelé par jour on n’avait pas vu ça depuis notre tour dans les Alpes en 2008. Et ça on aime bien car il n’y a pas de monotonie. On passe des cultures en terrasse, aux forêts de pins (même en versant nord à 2300m d’altitude), puis la vallée se fait plus étroite, des gorges font leur apparition avant d’atteindre un plateau. Et ça recommence une fois en bas et qu’il faut attaquer le col suivant. Tantôt on est Chine avec les rizières (finalement on n’en a peu vues), tantôt on est en Ardèche sur une route à flanc de montagne avec une forêt de feuillus (feuillu qui a toujours ses feuilles au mois de décembre…). Côté paysage vous l’aurait compris, il n’y a rien à redire. Le dernier col culminant à 2800m débouche quant à lui sur la plaine de Lijiang et dévoile une vue magnifique sur le massif montagneux local, le Dragon de Jade culminant à 5596m. On a également redécouvert le plaisir de camper par des températures agréables ne nous obligeant pas à nous calfeutrer dans nos duvets dès 18h comme c’était le cas dans les montagnes tibétaines ! Pour moi, Lijiang marque la fin du vélo en Chine. Seb est partie voir les gorges du tigre en mode light et moi je l’attends à Disneyland… euh Lijiang. Mais ceci fera l’objet d’un autre article.


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+/- Commentaires
sebdentaire   |17 Déc 2010 15:43
Citer:
On a également redécouvert le plaisir de camper par des températures agréables ne nous obligeant pas à nous calfeutrer dans nos duvets dès 18h


nous aussi, mais à quel prix:http://www.vedura.fr/actualite/6799-pic-consommation-electrique-record-france
Seb  - Vive le nucléaire!!   |19 Déc 2010 04:22
Ah c'est booon ça un petit pic de conso! Heureusement qu'on a des centrales nucléaires pour nous chauffer!
En France, on n'a pas de pétrole mais on a des (grandes) idées.

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